Malgré la fin progressive de la
prohibition, le cannabis est toujours considéré comme une substance illégale de
classe 1 par le gouvernement fédéral américain. Ainsi, les banques ne prennent
pas le risque de s’associer aux entreprises qui évoluent dans l’industrie
du cannabis
. Cette restriction pourrait cependant
tomber très rapidement. Les institutions financières font des pressions pour
avoir accès à cette nouvelle clientèle lucrative.

Les banques font front commun

Les membres de la National
Association of State Treasurers
adoptèrent la semaine dernière une
résolution pour pousser le gouvernement fédéral à rationaliser les lois en
vigueur. Les banques veulent avoir le droit d’offrir des services financiers
aux compagnies de cannabis médical et récréatif, en particulier celles qui
doivent gérer de larges sommes d’argent.

Afin de justifier cette demande, les membres de l’association font valoir qu’un système financier basé sur l’échange d’argent comptant est inefficace et favorise la malversation. De plus, les nombreuses transactions impliquées favorisent le risque de crimes violents à l’endroit des employés de l’industrie du cannabis. Ryan Donovan est un représentant de la Credit Union National Association. À ce sujet, il souligne que la moitié des entreprises américaines qui œuvrent dans le secteur du cannabis ont déjà été ciblées par des voleurs. Donovan estime que cette situation est insoutenable, et qu’il est nécessaire de moderniser la réglementation pour la sécurité des employés.

Un problème étendu

Pour les banques, une réponse favorable du gouvernement
pourrait représenter des profits considérables. Présentement, les compagnies
américaines de cannabis ne peuvent contracter des prêts financiers pour
l’acquisition de terrains ou de bâtiments. De plus, la plupart des compagnies
d’assurances ne veulent tout simplement pas s’affilier à l’industrie du
cannabis. La menace de poursuites judiciaires de la part du gouvernement
fédéral demeure trop importante.

L’introduction des banques dans l’économie du cannabis pourrait mener la vie dure au crime organisé. Rachel Pross, de la Maps Credit Union, a fait valoir cet argument lors d’une audition devant un comité fédéral en février dernier. Madame Pross soulignait que dans les deux dernières années, son organisation a reçu pour plus de 500 millions de dollars en dépôts exclusivement en provenance d’entreprises qui font le commerce du cannabis. Auparavant, ces 500 millions de dollars allaient plutôt dans les poches de criminels. Faciliter les transactions permettrait donc aux entrepreneurs de faire compétition aux revendeurs beaucoup plus efficacement.

Sources:

MarketWatch.com #1

MarketWatch.com #2

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