La semaine dernière s’ouvrait la consultation
publique
portant sur le projet de loi #2 du gouvernement Legault. Rappelons
que si cette mesure est acceptée, l’âge légal pour consommer du cannabis au
Québec passera de 18 à 21 ans. De plus, la consommation publique de cette
plante sera bannie partout dans la province. Depuis la semaine dernière, une
forte opposition s’organise contre ce projet controversé.

La mairesse de Montréal mène la charge

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’oppose
fortement à ce nouveau projet de loi. Elle estime que l’interdiction de fumer
du cannabis en public ne respecte pas la réalité de ses électeurs. D’autres
élus municipaux, notamment le maire de Gatineau, abondent dans le même sens. L’Union
des municipalités du Québec a récemment rejoint les rangs des contestataires.
Cette organisation qui représente 360 municipalités de la province demande au
gouvernement de respecter les pouvoirs d’autogestion des villes en matière de
cannabis.

Cette semaine, madame Plante et son chef
de police, Sylvain Caron, s’exprimèrent à nouveau contre le projet défendu par
le ministre Lionel Carmant. Selon les deux représentants de Montréal, il n’est
pas réaliste d’imposer une interdiction du cannabis dans les parcs de la ville et
lors des nombreux festivals qui y sont présentés.

De plus, comme 60% des Montréalais sont des locataires, il devient impossible pour eux de consommer légalement du cannabis si leurs propriétaires interdisent cette substance. D’un point de vue pratique, il est également impossible pour les policiers de faire appliquer une prohibition de la consommation publique. Le document présenté par madame Plante et monsieur Caron souligne que les ressources de la ville iront de manière prioritaire à protéger la population, et non à vérifier ce que les citoyens fument. Le chef de police estime qu’il faudrait au moins 100 policiers supplémentaires pour faire appliquer à la lettre le nouveau projet de loi. Il rappelle également que depuis la légalisation du cannabis, la consommation de cette plante n’entraîne pas de problèmes particuliers dans la métropole.

Les deux représentants de Montréal s’opposent
également au changement d’âge légal pour consommer du cannabis. Ils estiment qu’un
tel changement va pousser les 18 à 20 ans à aller vers le crime organisé. Ces
organisations sont déjà très bien implantées sur l’île de Montréal, et elles
risquent de s’enrichir encore plus en raison du nouveau projet de loi.

Et le cannabis médical dans tout ça?

Les utilisateurs de cannabis médical s’inquiètent
également du projet de loi du gouvernement Legault. Daphnée Elisma est coordonnatrice
des Relations gouvernementales pour le compte de la clinique Santé cannabis.
Elle explique que l’interdiction de consommer du cannabis en public risque de
nuire aux malades.  Si on leur interdit
de consommer dans leur logement, il deviendra impossible pour eux de se médicamenter
légalement.

Madame Elisma propose donc au gouvernement de permettre l’ouverture de sites spécialisés où les patients pourraient consommer du cannabis thérapeutique sans risquer de recevoir une contravention. Elle estime d’ailleurs que le ministre Carmant fait preuve d’une « hypocrisie incroyable » en défendant un tel projet de loi. Effectivement, monsieur Carmant est un neurologue professionnel qui a déjà défini des protocoles pour traiter les jeunes épileptiques avec de l’huile de cannabinoïdes.

Toujours selon la porte-parole de la clinique Santé cannabis,
la politique de tolérance zéro du cannabis au volant est discriminatoire à l’endroit
des patients médicamentés. Comme les scientifiques ne savent toujours pas à
partir de quelle concentration
de THC
un automobiliste a les capacités affaiblies, il s’agirait d’un non-sens.
Il est évident qu’un patient qui consomme du cannabis pour traiter ses problèmes
de santé aura un certain niveau de THC dans le sang. Ces résidus n’indiquent en
aucun cas que le conducteur a les réflexes affaiblis. Dans ces circonstances,
il n’est pas exclu que des recours judiciaires soient entrepris par des
citoyens afin de faire invalider le projet de loi du gouvernement caquiste.

Déja, François Legault envisage d’accorder quelques concessions à l’opposition. Il mentionnait mercredi dernier qu’il serait possible de permettre la consommation de cannabis dans certains lieux publics, mais pas de permettre aux jeunes âgés de moins de 21 ans d’en fumer.

La consultation publique se poursuivra au cours des prochains jours, et il y a fort à parier que le tout fera couler beaucoup d’encre. Pour être au courant des derniers développements, il suffit de télécharger notre application spécialisée dans les actualités du monde du cannabis! Cette dernière est disponible sur l’App Store ainsi que sur Google Play.

Sources :

LeDevoir.com

Wikipedia.org

JournalDeQuebec.com

JournalDeMontreal.com

MontrealGazette.com

L’article La suite de la consultation sur le cannabis est apparu en premier sur Maison d’Herbes.